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Le dur (mais chouette) métier de topographe

Mis à jour : 3 nov. 2018


Topographes du programme d'arpentage cadastral américain (source : Bureau of Land Management)

Si vous travaillez dans le domaine de la mesure géodésique, il y a de fortes chances que vous ayez quelques hésitations lorsqu’on vous pose la question suivante : "Et vous, vous faites quoi comme métier ?"

Que ce soit en réponse à votre futur beau-père qui aurait préféré quelque chose de plus limpide comme médecin, avocat, professeur ou même policier… ou bien à l’occasion d'une intervention dans la classe de votre enfant, face au regard interrogatif de ses petits camarades et de sa maîtresse, l’explication du métier de topographe n’est pas toujours aisée.

Alors parfois, il est plus captivant et amusant de parler des expériences et des conditions de l’exercice de ce métier que de sa définition…

Le métier de topographe, en 2 mots

Lorsque nous nous préparions à expliquer notre projet de startup face à des personnes éloignées de ce domaine, prêtes à nous écouter mais ne disposant que de quelques petites minutes, un peu façon "elevator pitch"(1), nous avons fini par trouver une définition assez synthétique et plutôt claire :

"La topographie, c’est l’art de modéliser un terrain réel en 2 ou 3 dimensions à travers des mesures de précision. Le ou la topographe, c’est la personne qui effectue cette modélisation."

Inutile de préciser qu’après cette définition courte mais efficace, un certain silence régnait généralement dans la salle, jusqu’à ce qu’on décide de rajouter "vous savez, les gens qui sont sur les chantiers avec leur gros trépied et qui semblent prendre des photos en regardant dans l’appareil qui est dessus ?". Et là, comme par magie, la salle respirait à nouveau… "Ah oui ! Effectivement…". Ouf ! Nous étions sauvés.

Un métier parfois entre MacGyver et CrossFit


Tout d’abord, le topographe exerce son métier en partie en extérieur. Et comme pour tous les métiers de ce type, le nombre d’anecdotes amusantes (ou pas) augmente proportionnellement aux heures passées en dehors du bureau. Chez Tadaris, nous connaissons très bien un ancien topographe qui avait l’habitude d’envoyer à ses amis des photos prises à l’aide de son smartphone avec comme légende "Voici la vue de mon bureau aujourd’hui". Sur la photo, pas d’écran, ni de bureau ou même de fenêtre mais au premier plan des champs avec quelques vaches… La monotonie ? Connaît pas !

Alors première règle déjà, et pas des moindres, ne pas faire aveuglément confiance à son GPS de voiture pour ses itinéraires, sous peine de tourner en rond des heures. Les endroits à mesurer ne sont pas toujours bien connus des référentiels GPS grand public. Et puis, généralement, lorsqu’on appelle un géomètre ou un topographe pour mesurer, c’est rarement une fois posées les plaques avec des noms de rue et des numéros. Un itinéraire pour un levé de terrain, surtout en campagne, cela se prépare comme une mini-expédition. Situer l’endroit sur un plan ou une carte, identifier des repères physiques, vérifier son véhicule, bien recharger les batteries de ses appareils, y compris son téléphone, disposer d’un minimum d’argent liquide au cas où, vérifier son eau, ses vivres… Ok, nous exagérons un peu… mais à peine !

Pour rester sur cet aspect un peu "Paris-Dakar", le métier nécessite une qualité essentielle, la débrouillardise ou un certain sens pragmatique. Souvent, les choses ne se déroulent pas comme prévu : la localisation exacte du terrain, son accessibilité, le fonctionnement du matériel, la météo, le voisinage…

Les prises de mesure sont parfois périlleuses à proximité des clôtures électriques

Entre les animaux que l’on peut rencontrer (sangliers, chats sauvages, chiens errants…) et les obstacles physiques comme les clôtures dont certaines sont électriques (!), le topographe est amené à être vigilant et attentif à ce qui l’entoure. Il a appris également à être réactif et créatif sous peine de s’éterniser sur sa mission ou de la réaliser en plusieurs fois. Inutile de préciser à quel point cela pose problème lorsque le terrain se trouve à des dizaines voire des centaines de kilomètres du bureau ou du domicile.

Ensuite, en plus d’être MacGyver, ce métier vous initie aux joies du CrossFit : force, endurance musculaire, cardio, équilibre, coordination… tout y est pour faire de vous un athlète. Après, à vous de voir si mesurer certains points compliqués vaut une grimpette avec une station totale d’une dizaine de kilos sur l’épaule, ou de s’accrocher à un tronc en tenant sa canne de GNSS à bout de bras au bord d’un petit précipice.

Somme toute, ce qui ne changera pas, à moins de faire un levé de terrain dans le Bush australien ou de la délimitation de parcelles agricoles en Amérique du Nord, c’est qu’il faudra toujours aimer marcher.

Marcher des kilomètres dans différentes conditions de météo, de terrain :

Sous le soleil ou sous la pluie, dans l’herbe sèche, dans la neige, la glaise ou dans l’eau, le topographe a appris à être prévoyant dans sa façon de s’habiller et de s’équiper pour faire face aux éléments naturels.


Ce point laisse parfois songeur devant certaines images ou vidéos promotionnelles de produits de mesure avec des "topographes-mannequins" en tailleurs et talons aiguilles. Mais ceci est un autre sujet… que nous traiterons peut-être un jour, qui sait ?

Le topographe… un temple de zénitude !


Enfin, comme beaucoup de métiers d’extérieur, le topographe doit faire attention à bien prévoir une marge de « temps social ». Toutes ces longues minutes passées à expliquer aux gens qu’il croise ce qu’il fait ou plutôt les rassurer sur ce qu’il ne fait pas.

Non, il n’est pas là à faire des mesures de terrain car le gouvernement a décidé d’une nouvelle taxe. Non, sa station totale n’est pas une caméra et son antenne GNSS n’est pas destinée à collecter des données numériques, ni fournir du WiFi d’ailleurs.

Vous l’aurez compris, le topographe est forcément quelqu’un de patient, qui aime le contact des gens ou du moins le vit bien. Tout le monde ne peut pas supporter qu’un gentil retraité ou qu’un paysan dans une journée creuse ne le lâche pas pendant qu’il fait son travail, l’accompagnant dans ses déplacements, l’observant et lui posant un tas de questions.

Le retour triomphal au bureau

Une fois toutes ces épreuves de terrain passées, le topographe retourne enfin au bureau avec le Graal : son fichier de points mesurés qu’il va enfin pouvoir exploiter dans des logiciels spécialisés pour terminer le travail. En l’important, il croisera les doigts jusqu’à s’assurer que son levé est suffisamment précis en nombre et en disposition de points pour effectuer les plans et les calculs qu’il souhaite réaliser.

Le métier est donc un mix entre effort physique en extérieur et travail intellectuel au bureau. Ce second aspect est une partie assez importante du métier, qui variera selon l’organisation et la spécialisation de la structure dans laquelle travaille le topographe. Selon sa personnalité et ses préférences aussi. Mais de l'aveu de beaucoup, il s'agit de la partie la moins passionnante, aussi agréables que soient la taille, le fond de l'écran d'ordinateur et le CAO utilisés. C'est ainsi que beaucoup de topographes peuvent vite se sentir à l’étroit entre 4 murs, d'autant plus que le terrain est souvent une occasion de développer les liens entre collègues, en particulier lors des levés en binômes.

C’est aussi pour cette raison, mais pas uniquement, que nous avons souhaité prolonger l'expérience "outdoor" pour ceux qui le souhaitent avec une solution qui permet de réaliser la collecte dans de meilleures conditions et ambitionne surtout de rapprocher le bureau jusqu’à l’installer sur le terrain. L’idée est de vous donner les moyens de traiter vos données avec le même appareil tactile qui a servi à les collecter et ce, sur le lieu même de cette collecte.

Ainsi, si vous aimez travailler en extérieur, de manière moderne sur une tablette tactile ou à base de commandes vocales lorsque vous vous agrippez à votre tronc d’arbre…

Si vous détestez devoir repasser au bureau pour exploiter vos fichiers de données car vous avez prévu de rentrer tôt pour emmener vos enfants au cinéma,

Ou si vous avez simplement envie de gagner en efficacité et en souplesse, alors Arpengo devrait vous intéresser.

(1) Littéralement "argumentaire d'ascenseur". Dans le milieu des startups, le pitch est un format très courant de présentation éclair du projet d'un entrepreneur à un investisseur ou à un partenaire d'affaires pour le convaincre d'investir ou de s'engager.

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